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Vocabulaire de la bande dessinée : le lexique complet, de la planche au phylactère

2 octobre 2026 · mis à jour le 15 octobre 2026 15 min de lecture par
Vocabulaire de la bande dessinée : le lexique complet, de la planche au phylactère

Planche, bande, case, gouttière, phylactère, cartouche : la bande dessinée a sa propre langue, et on la croise vite dès qu’on lit un album en classe, qu’on anime un atelier ou qu’on se lance dans sa première planche. Ce lexique réunit les mots qui comptent, une définition courte pour chacun, plus les confusions qui reviennent tout le temps.

L’essentiel en 30 secondes

  • La page s’appelle une planche ; elle se découpe en bandes (les lignes) de cases (les images encadrées), séparées par des gouttières.
  • Le texte se range en trois familles : le phylactère (la bulle, avec son appendice), le cartouche (la narration) et l’onomatopée (le bruit écrit).
  • Le cadrage se décrit avec des plans (d’ensemble, moyen, américain, gros plan) et des angles (plongée, contre-plongée).
  • Cette page s’imprime proprement : Imprimer, puis Enregistrer au format PDF, et vous avez votre fiche de vocabulaire.

La page : planche, bande, case, gouttière et gaufrier

Une bande dessinée se lit page par page, et la page s’appelle une planche. C’est le mot du métier. La planche originale, elle, désigne la feuille sur laquelle l’auteur a réellement dessiné : celle qu’on accroche dans les expositions et qui se vend en galerie.

Chaque planche est découpée en bandes, des lignes horizontales de cases. On dit aussi strip ou bandeau, et il faudra se méfier du premier, qui ne veut pas toujours dire la même chose (voir plus bas).

La case est l’image encadrée, l’unité de base du récit. Vignette est son synonyme dans l’usage courant, même si certains manuels réservent « case » au cadre et « vignette » à l’image qu’il contient. La taille d’une case n’a rien d’imposé : elle peut être minuscule, prendre la moitié de la planche ou la planche entière.

Une planche de BD annotée : 1 planche, 2 bande, 3 case, 4 gouttière, 5 cartouche, 6 phylactère, 7 appendice, 8 onomatopée
① planche · ② bande · ③ case (ou vignette) · ④ gouttière · ⑤ cartouche · ⑥ phylactère · ⑦ appendice · ⑧ onomatopée

La gouttière est l’espace blanc entre deux cases, à l’horizontale comme à la verticale. Elle a l’air de ne servir à rien. C’est pourtant là que le lecteur comble ce que le dessinateur n’a pas dessiné : le geste entre deux images, la seconde qui s’écoule. Beaucoup d’auteurs jouent dessus. Une gouttière large laisse respirer la scène, une gouttière mince serre le rythme, et quand elle disparaît, les images se touchent.

Le gaufrier, enfin, est une mise en page où les cases forment une grille régulière, comme les alvéoles d’un moule à gaufres, d’où le mot. Trois lignes de deux cases de même taille, par exemple, c’est un gaufrier. Son contraire est la mise en page irrégulière, aux cases de formats variés. Les chercheurs classent d’ailleurs les planches sur un axe qui va des compositions régulières (le gaufrier) aux compositions irrégulières, avec des compositions semi-régulières entre les deux, dans la lignée du modèle de Thierry Groensteen, remodelé ensuite par Chavanne. Le détail est dans notre guide du gaufrier.

À LIRE AUSSI

Approfondir : la gouttière et l’organisation des cases.

Le texte : phylactère, appendice, cartouche, onomatopée

Le phylactère, c’est la bulle : le cadre qui contient les paroles ou les pensées d’un personnage. Les deux mots désignent la même chose, phylactère étant simplement le terme savant. Il vient du latin phylacterium et s’est d’abord appliqué, dans l’art médiéval, à la banderole portant un texte, celle que déroule un prophète sur un retable. (Le mot désigne aussi les tefillin, les petites boîtes de prière du judaïsme, ce qui explique son air un peu solennel.)

La forme du contour renseigne déjà sur la voix. Un contour lisse et arrondi, c’est la parole ordinaire. Un nuage relié au personnage par de petites bulles, c’est la pensée. Un contour en dents de scie signale un cri, un bruit fort ou une voix électronique, et un trait en pointillé évoque souvent le murmure. Le guide du phylactère détaille chaque type.

L’appendice, qu’on appelle aussi pointeur ou queue, est la pointe qui relie la bulle à celui qui parle. Sans lui, on ne saurait pas qui dit quoi. Quand il sort du cadre de la case, on comprend que le personnage parle hors champ.

Le cartouche, ou récitatif, est l’encadré de narration, souvent rectangulaire et posé en haut de la case. C’est la voix du narrateur : « Le lendemain… », « Paris, 1952 ». Il situe surtout le temps et le lieu. Selon les auteurs, « récitatif » désigne le texte et « cartouche » son cadre, ou bien les deux mots s’emploient sans distinction ; dans les deux cas, ce n’est jamais de la parole de personnage.

L’onomatopée est le bruit mis en lettres : plouf, vroum, crac. En bande dessinée, elle est dessinée plus qu’écrite. Sa taille, sa couleur et la forme de ses lettres disent le volume du son et même la matière qui le produit. On la place en dehors des bulles, au plus près de ce qui fait le bruit ; vous trouverez des listes classées par situation dans notre guide des onomatopées.

Trois mots complètent ce tableau. Le lettrage est l’art de composer les lettres du texte, à la main ou avec une police numérique. Les idéogrammes sont les symboles qui remplacent les mots : l’ampoule de l’idée, les étoiles du choc, le nuage de poussière d’un démarrage en trombe. Enfin, les lignes de mouvement ou traînées de vitesse sont ces traits tirés derrière un personnage ou un objet pour figurer sa trajectoire.

Le cadrage : plans, angles et hors-champ

Le cadrage décrit ce que la case montre et à quelle distance. Le vocabulaire vient du cinéma et de la photographie, ce qui explique que les mêmes mots circulent entre les trois disciplines. Les manuels varient légèrement d’une liste à l’autre, mais l’ordre va toujours du plus large au plus serré.

PlanCe qu’on voitÀ quoi il sert
Plan d’ensemble (ou plan général)Le décor entier, personnages petitsSituer le lieu et l’ambiance
Plan moyenLe personnage en pied, de la tête aux piedsMontrer le corps, l’action
Plan italienLe personnage jusqu’aux genouxIntermédiaire, assez rare
Plan américainLe personnage à mi-cuissesGarder le geste tout en se rapprochant
Plan rapprochéLe buste ou la poitrineDialogues, réactions
Gros planLe visage, une partie du corps ou un objetRenforcer l’intensité, montrer l’émotion
Très gros planUn détail : l’œil, la main, la serrureAttirer l’œil sur un indice

S’ajoute l’angle de vue. En plongée, on regarde le sujet d’en haut, ce qui l’écrase ou le fragilise. En contre-plongée, on le regarde d’en bas, et il paraît grand, puissant, parfois menaçant. À hauteur d’yeux, la vue est dite normale. Le champ-contrechamp alterne deux points de vue opposés, typiquement pendant une conversation.

Le hors-champ, c’est tout ce qui n’est pas dans le cadre mais dont on devine l’existence : une voix qui vient de la gauche, une ombre qui s’allonge sur le mur. Et quand un élément déborde de la case (une main, une épée, un cri), on parle de débordement. Les plans et les angles sont développés dans le guide du cadrage.

Le récit : séquence, ellipse, découpage, storyboard

Une séquence est une suite de cases qui forment un moment cohérent, une scène. Entre deux cases, l’auteur peut sauter volontairement un bout d’action ou de temps : c’est l’ellipse. Le poing part dans une case, le personnage est déjà à terre dans la suivante, et le lecteur reconstitue l’impact tout seul. L’ellipse peut être temporelle (« trois jours plus tard ») ou spatiale (on change de lieu).

Le sens de lecture d’une BD franco-belge est le même que celui d’un texte français : de gauche à droite et de haut en bas, bande après bande. Le manga d’origine japonaise se lit, lui, de droite à gauche.

Avant de dessiner, on écrit. Le scénario est la version écrite de l’histoire, pensée spécialement pour la BD. Le découpage décide ensuite, case par case, de ce qu’on montre : quel plan, quel angle, quel texte. Il peut être écrit ou dessiné. Quand il est dessiné vite, en petit, pour planifier les cases et la mise en page, on l’appelle storyboard : c’est un brouillon dont personne d’autre que l’auteur n’a besoin de comprendre les traits. Pour passer à la pratique, voyez comment écrire un synopsis et un scénario puis la méthode du storyboard.

La mise en page désigne la manière d’organiser les cases sur la planche : leur taille, leur forme, leurs relations. Une grande case au centre, deux petites en dessous : ce choix de mise en page oriente déjà la lecture.

Qui fait quoi : scénariste, dessinateur, encreur, coloriste

Une BD peut être l’œuvre d’une seule personne, qu’on appelle alors auteur complet, ou d’une équipe. Le scénariste écrit l’histoire. Le dessinateur la met en images. L’encreur repasse à l’encre le dessin au crayon, le coloriste met la planche en couleurs et le lettreur s’occupe du texte. Au Québec, on dit aussi bédéiste pour désigner l’auteur de BD.

Les étapes suivent à peu près le même ordre quel que soit l’atelier : le scénario, le storyboard, le crayonné (le dessin au crayon), l’encrage, puis la mise en couleur et le lettrage, jusqu’à la planche finale. Les étapes de l’encrage et du lettrage se travaillent surtout par la pratique.

Le livre : album, tome, roman graphique et 9e art

L’album est le livre qui contient une bande dessinée, souvent cartonné et en couleur dans la tradition franco-belge. Quand une histoire se prolonge sur plusieurs albums, chacun est un tome de la série. Un one-shot raconte, lui, une histoire complète en un seul volume.

Roman graphique est un terme d’édition : il désigne une bande dessinée longue, publiée comme un livre et souvent destinée à un public adulte. La frontière avec l’album est surtout une question de présentation et d’intention.

Quant à l’expression 9e art, elle est plus récente qu’on ne l’imagine. Le critique Claude Beylie l’a utilisée pour la première fois à propos de la BD en mars 1964, dans la revue Lettres et Médecins. Spirou lançait la même année une rubrique intitulée « Neuvième Art », en décembre 1964. Le chiffre n’est pas anodin : le huitième art était déjà la télévision. Le mot « bande dessinée » lui-même est plus ancien, puisqu’on le trouve dans la presse dès les années 1930, avec une première apparition connue le 1er juin 1938 dans le quotidien Le Populaire.

Manga et comics : les mots qui changent

Le Musée de la bande dessinée de Bruxelles le rappelle : ce qu’on appelle BD en français s’appelle manga au Japon et comics aux États-Unis. Le vocabulaire suit. Au Japon, la case se dit koma et la bulle fukidashi ; le yonkoma est un strip vertical de quatre cases. Dans le monde anglophone, la case est un panel, la bulle un speech balloon, le cartouche un caption, la gouttière un gutter. Une case qui occupe toute la page y est une splash page, et c’est un mot qu’on entend de plus en plus souvent en français.

Les confusions qui reviennent tout le temps

Bulle ou phylactère ? Aucune différence. Les deux mots désignent la même chose ; l’un est courant, l’autre savant.

Strip : bande ou BD courte ? Les deux usages existent. Pour le Musée de la bande dessinée de Bruxelles, un strip est l’ensemble des cases d’une ligne horizontale, c’est-à-dire une bande. Mais dans la presse, un strip est aussi une petite BD autonome de trois ou quatre cases. Pour éviter l’ambiguïté, dites « bande » pour une ligne d’une planche et « strip de presse » pour la BD courte. Le sujet a son propre guide : le strip, sa définition et son gabarit.

Cartouche ou récitatif ? Selon les livres, c’est le même objet ou deux faces d’un même objet, comme on l’a vu plus haut. Dans une classe, le plus simple est d’en choisir un et de s’y tenir.

Planche ou page ? Une planche est une page vue comme un ensemble de cases composé par l’auteur. Les deux mots se confondent dans la conversation, mais en atelier, c’est « planche » qu’on dit.

Onomatopée ou parole ? « Aïe ! » prononcé par un personnage va dans une bulle. « CRAC ! » qui sort de la branche reste libre, dessiné, en dehors de toute bulle.

En classe : comment faire retenir ce vocabulaire

Dès le CM1, le vocabulaire de la BD fait l’objet de fiches et de séances en lecture comme en écriture. Ce qui marche, d’après les dossiers pédagogiques publiés par les musées et les enseignants, c’est de toujours rattacher un mot à une image. Une planche d’album à étiqueter, des mots à relier à leur définition, des bulles vides à compléter : ces trois activités reviennent partout parce qu’elles fonctionnent.

Une dizaine de mots suffisent pour commencer : planche, bande, case, gouttière, phylactère, appendice, cartouche, onomatopée, plan, gros plan. Les autres viennent à mesure que les élèves créent. Pour construire une séance complète, voyez la séquence BD pour le cycle 3, et pour les supports à compléter, les feuilles de BD vierges à imprimer.

Un exercice de 15 minutes dans l’éditeur

Apprendre les mots sans les voir sur une vraie planche, ça ne tient pas longtemps. Voici un exercice pour fabriquer la vôtre.

Étiqueter sa première planche

  1. Choisissez un format et une mise en page de départ. Ouvrez l’éditeur BlankComic et prenez une disposition de quatre ou six cases : c’est un gaufrier tout prêt.
  2. Ajoutez un cartouche dans la première case, avec un texte du genre « Samedi matin… ». C’est la voix du narrateur.
  3. Placez deux bulles : une de parole, une de pensée. Orientez l’appendice vers le personnage qui parle.
  4. Écrivez une onomatopée en grand, avec une police de BD (Bangers, Bebas Neue et Oswald sont fournies), loin des bulles.
  5. Exportez en PDF ou en PNG, imprimez, puis annotez chaque élément à la main avec le vocabulaire de cette page.
CONSEIL

Gardez aussi le projet au format .blank : un PDF ou un PNG exporté ne peut plus être rouvert dans l’éditeur pour être modifié.

BlankComic ne propose pas de catalogue de fiches de vocabulaire prêtes à télécharger. Ce que vous avez sous les yeux s’imprime tel quel, et l’éditeur permet de construire votre propre support, gratuitement et sans filigrane.

Le lexique en un tableau, à imprimer

Pour garder l’essentiel sur une seule feuille, voici le récapitulatif. Utilisez la fonction d’impression de votre navigateur pour l’enregistrer en PDF.

MotDéfinition courteAussi appelé
PlancheUne page de BD composée de cases—
BandeUne ligne horizontale de casesstrip, bandeau
CaseUne image encadrée, unité du récitvignette
GouttièreL’espace blanc entre deux casesinter-case
GaufrierMise en page en grille régulièrecomposition régulière
PhylactèreCadre contenant paroles ou penséesbulle
AppendicePointe reliant la bulle au personnagepointeur, queue
CartoucheEncadré de narrationrécitatif
OnomatopéeBruit transcrit en lettres dessinéesbruitage
PlanDistance entre le sujet et le regardcadrage
Plongée / contre-plongéeVue d’en haut / vue d’en basangle de vue
Hors-champCe qui existe sans être dans le cadre—
EllipseAction ou temps volontairement omis entre deux cases—
StoryboardBrouillon dessiné qui planifie cases et mise en pagedécoupage dessiné
AlbumLivre contenant une bande dessinéetome (dans une série)
9e artNom donné à la BD depuis 1964—

Questions fréquentes sur le vocabulaire de la bande dessinée

Quelle est la différence entre une bulle et un phylactère ?

Il n’y en a aucune : phylactère est le terme savant pour désigner la bulle, ce cadre qui contient les paroles ou les pensées d’un personnage. Le mot vient du latin phylacterium et désignait à l’origine, en art médiéval, une banderole portant un texte.

C’est quoi une gouttière en BD ?

La gouttière est l’espace blanc qui sépare deux cases, à l’horizontale comme à la verticale. Sa largeur influence le rythme de lecture : plus elle est large, plus la scène respire ; plus elle est mince, plus les images s’enchaînent vite.

Quelle différence entre une case et une vignette ?

Dans l’usage courant, aucune : les deux mots désignent l’image encadrée qui forme l’unité de base d’une BD. Certains manuels réservent « case » au cadre et « vignette » à l’image qu’il contient, mais les deux sont acceptés.

Qu’est-ce qu’un cartouche, ou récitatif, en BD ?

Le cartouche (ou récitatif) est un encadré de narration, souvent placé en haut de la case. Il porte la voix du narrateur et sert surtout à indiquer le temps ou le lieu : « Le lendemain… », « Paris, 1952 ».

C’est quoi le gaufrier en BD ?

Le gaufrier est une mise en page où les cases sont disposées en grille régulière, avec des cases de même taille. Son contraire est la mise en page irrégulière, aux cases de tailles variées.

Comment s’appelle une page de bande dessinée ?

On l’appelle une planche. Elle est composée de bandes, elles-mêmes composées de cases. La planche originale est la feuille dessinée à la main par l’auteur.

Où télécharger un PDF du vocabulaire de la bande dessinée ?

Le tableau de cette page s’imprime tel quel : utilisez la fonction d’impression de votre navigateur et choisissez « Enregistrer au format PDF ». BlankComic ne propose pas de catalogue de fiches prêtes à télécharger, mais son éditeur gratuit permet de créer la vôtre et de l’exporter en PDF.

Pourquoi la BD s’appelle-t-elle le 9e art ?

L’expression est due au critique Claude Beylie, qui l’a employée à propos de la bande dessinée dans la revue Lettres et Médecins en mars 1964. Le chiffre vient de la numérotation classique des arts : le huitième était déjà la télévision.

Sources et pour aller plus loin

Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.

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Écrit par

Créateur de BlankComic. Développeur web et passionné de bande dessinée, il conçoit des outils gratuits, sans compte, pour que l’art séquentiel soit à la portée de tous.