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Phylactère en BD : définition, types de bulles, appendice et règles de placement

2 octobre 2026 · mis à jour le 15 octobre 2026 12 min de lecture par
Phylactère en BD : définition, types de bulles, appendice et règles de placement

Un phylactère, c’est une bulle de BD : le cadre qui contient ce que disent ou pensent les personnages. Le mot sonne savant, la chose est simple. Ce qui l’est moins, c’est de bien la dessiner : choisir la forme qui donne la bonne voix, orienter l’appendice, placer chaque bulle pour qu’on les lise dans l’ordre, sans cacher le dessin. Voici la définition, les types de bulles, les règles de placement et un peu d’histoire.

L’essentiel en 30 secondes

  • Phylactère et bulle désignent exactement la même chose ; le premier est le terme savant, le second le mot courant.
  • La forme du contour donne le ton : lisse pour la parole, nuage pour la pensée, dents de scie pour le cri, pointillé pour le murmure.
  • L’appendice est la pointe qui relie la bulle à celui qui parle ; s’il sort de la case, le personnage parle hors champ.
  • On lit les bulles de gauche à droite et de haut en bas : la première à lire se place la plus à gauche, la suivante dessous ou un peu plus à droite.

Phylactère : la définition

En bande dessinée, le phylactère est l’espace cerné d’un trait qui renferme les paroles ou les pensées d’un personnage. Il est relié à celui qui s’exprime par une petite pointe, l’appendice. Dans l’usage courant, on dit plutôt « bulle ».

Le mot n’a pas été inventé pour la BD. Au Moyen Âge, un phylactère désigne la banderole portant un texte que déroule un saint ou un prophète dans un retable ou un vitrail. Il désigne aussi, dans le judaïsme, les tefillin, ces petites boîtes qui contiennent des versets de la Bible. La BD a repris le mot pour ce qu’il désignait : un texte attaché à un personnage qui parle.

Bulle ou phylactère : quelle différence ?

Aucune. Les deux mots désignent le même objet, l’un dans la conversation, l’autre dans le vocabulaire des spécialistes. On croise aussi ballon, plus ancien en français et que l’on retrouve dans l’anglais speech balloon. Si vous écrivez un devoir ou une fiche pédagogique, vous pouvez utiliser les trois sans vous tromper ; il suffit de rester cohérent d’un bout à l’autre.

Pour les autres termes de la BD, le lexique complet les range par famille.

Les types de bulles et ce qu’ils disent

La bulle ne contient pas que des mots, elle en donne aussi le ton. Il n’y a pas de règle officielle, chaque dessinateur a son style, mais quelques codes sont si répandus que le lecteur les comprend sans y penser.

Bulle ronde : parole normale
Ronde : parole normale
Bulle dentelée : cri ou choc
Dentelée : cri ou choc
Bulle nuage : pensée
Nuage : pensée
Bulle en pointillé : murmure
Pointillé : murmure
Cartouche : narration
Cartouche : narration

La bulle la plus courante est ronde ou ovale, au contour lisse : c’est la parole ordinaire. Mais la liste des formes est longue. On trouve des bulles rectangulaires, octogonales, à angles arrondis ou droits : ce sont surtout des choix de style d’auteur. Le nuage, lui, est un code établi : il indique une pensée et non une parole, et il est relié au personnage par une suite de petits ronds plutôt que par une pointe. Le contour en dents de scie évoque un cri, un bruit fort ou une voix électronique, comme celle d’une radio ou d’un robot. Le trait en pointillé, enfin, est la convention habituelle du murmure.

Les lettres aussi comptent : un texte plus petit donne l’impression d’une voix basse, un texte plus gros d’une voix forte, et la combinaison majuscules, gras et lettres larges fait crier le personnage. Quand deux personnages disent la même chose en même temps, on peut faire partir deux appendices de la même bulle. Et pour enchaîner plusieurs bulles, on utilise la bulle de chaînage.

Forme du phylactèreCe qu’elle exprimePrécision
Ronde ou ovale, contour lisseParole ordinaireLa forme la plus courante
Nuage avec petits rondsPenséeCode établi, le plus reconnaissable
Contour en dents de scieCri, bruit fort, voix électroniqueSouvent accompagné de lettres épaisses
Contour en pointilléMurmure, voix basseConvention répandue, pas universelle
Rectangulaire, octogonaleSouvent un simple choix de style ; parfois une voix non humaine ou numériqueLes sources divergent : vérifiez le code de l’album
Deux appendices ou plusPlusieurs voix à la foisUn chœur, une phrase dite ensemble

L’appendice : la pointe qui désigne qui parle

L’appendice (on dit aussi pointeur ou queue) est la petite extension qui relie la bulle au personnage. Sa fonction est toute simple : dire qui parle. Quand une case contient deux ou trois personnages, c’est la seule indication fiable.

Orientez-le vers la bouche, ou à défaut vers la tête, sans traverser un autre personnage ni couper un détail important du dessin. Pour la pensée, il se transforme en deux ou trois petits ronds de taille décroissante qui s’éloignent de la bulle.

Un procédé plus malin : faire sortir l’appendice de la case. Le lecteur comprend que le personnage parle hors champ, depuis l’autre côté de la porte ou le fond de la pièce, sans qu’il ait besoin d’être dessiné.

Phylactère ou cartouche ?

Le cartouche, ou récitatif, ressemble à une bulle sans en être une. Il est le plus souvent rectangulaire, situé en haut de la case, et il contient la voix du narrateur plutôt que celle d’un personnage : un commentaire, une précision, un lieu, une date. Il est presque toujours en haut, parce que c’est la première chose qu’il faut lire pour comprendre l’image.

Une règle d’atelier à retenir : ne l’utilisez pas partout. La BD peut se lire sans explication extérieure aux cases, et un cartouche qui répète ce que le dessin montre déjà devient vite pesant. Il est précieux pour planter un décor ou pour annoncer une ellipse, ce fameux « plus tard… » qui signale un saut dans le temps.

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Où placer ses bulles : les règles

Placer ses bulles est le moment où beaucoup de planches se jouent. Quelques règles suffisent pour éviter l’essentiel des problèmes.

Respectez le sens de lecture. On lit les cases de gauche à droite, et à l’intérieur d’une case, les bulles de la même façon. La bulle à lire en premier doit être la plus à gauche, ou la plus haute. La suivante se place dessous, ou un peu plus à droite, et ainsi de suite. Si le lecteur hésite sur l’ordre, il est perdu.

Tracez le parcours de lecture. Une fois la planche composée, la BnF recommande de tracer une ligne qui relie toutes les bulles dans l’ordre de lecture : c’est le trajet que suivra le regard. Si la ligne fait trop de zigzags, la lecture sera pénible, et il faut repenser la disposition. Placer les onomatopées et les cartouches sur ce chemin aide aussi.

Pensez aux bulles dès le brouillon. On les imagine souvent comme la dernière touche, alors que le scénariste y pense déjà en écrivant et que le dessinateur les place dès le crayonné. La raison est simple : une case dessinée sans penser à ses bulles, c’est du dessin qu’on recouvrira ou, pire, qu’on aura fait pour rien.

Ne cachez rien d’important. Une bulle ne recouvre pas un élément essentiel du décor, ne dessine pas de décor à l’intérieur d’elle-même et ne masque pas un personnage. Seule exception : cacher un personnage sous la bulle de son interlocuteur quand celui-ci parle trop. Le gag marche, mais il doit rester volontaire.

Profitez des marges. Une bulle n’est pas obligée de rester sagement dans sa case. Il est même conseillé de la faire un peu déborder sur l’intercase, l’espace blanc entre deux cases. Cela allège souvent la case et donne du mouvement à la planche.

Gérez les longs dialogues. Quand beaucoup de texte doit tenir dans une seule case, cadrez les personnages sans les montrer en entier. Vous gagnez un grand espace au-dessus de leurs têtes. Placez ensuite les bulles à la verticale, en les décalant légèrement à gauche ou à droite selon qui parle. C’est ce que faisait Segar dans Popeye, et ça marche toujours.

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Pour poser des bulles sur une photo plutôt que sur un dessin : ajouter une bulle de BD sur une photo. Et pour créer vos bulles en ligne : le générateur de bulles de BD.

Le texte dans la bulle

Une astuce que tous les dessinateurs finissent par adopter : écrire le texte d’abord, puis dessiner la bulle autour. Dans l’autre sens, on se retrouve à réduire les lettres pour faire tenir la phrase, et le résultat est illisible.

Le lettrage classique se fait en majuscules, centré dans la bulle avec une respiration régulière tout autour. On passe en gras pour insister, on grossit pour crier, on garde une taille homogène d’une bulle à l’autre pour que la planche reste lisible. Si la bulle ressemble à un paragraphe, c’est le signe qu’il faut couper, reformuler ou scinder en deux bulles reliées. La typographie des bulles (choix de la police, graisse, interlignage) est un sujet à part entière.

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Petite histoire de la bulle

La bulle de BD est plus vieille que la bande dessinée. Des caricaturistes britanniques du XVIIIe siècle, comme John Kay (1784) ou James Gillray (1791), faisaient déjà parler leurs personnages avec des banderoles, d’après la chronologie que résume Wikipédia. La BD du XIXe siècle, elle, sépare le texte et l’image : chez Rodolphe Töpffer comme chez Cham, Gustave Doré ou Christophe, le texte est une légende placée sous le cadre de l’image.

Le basculement se joue à la fin des années 1890, aux États-Unis, dans la presse. Les bulles se généralisent à partir du Yellow Kid de Richard Outcault (1896), puis The Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum) de Rudolph Dirks, en 1897, en systématise l’usage.

L’Europe met plus de temps à suivre. Bécassine, née en 1905, n’en a jamais utilisé. Sam et Sap (1908) est considérée comme la première BD française dont les personnages parlent régulièrement en bulles. La bulle ne s’impose vraiment que dans les années 1950 ; en Italie, le régime fasciste l’avait même interdite aux auteurs par anti-américanisme, avant de l’autoriser de nouveau après la guerre, toujours d’après cette chronologie. Et pendant longtemps, on a dit « ballon » : le mot « bulle » ne s’est répandu qu’à la fin des années 1960.

Les erreurs de débutant

La première est de dessiner la bulle avant d’écrire le texte. La deuxième, de l’orienter sans se demander dans quel ordre on la lira : si deux bulles sont côte à côte à la même hauteur, c’est un risque. La troisième, c’est de laisser un appendice flou, qui pourrait désigner deux personnages. La quatrième : remplir la case de texte au point d’étouffer le dessin. Et la dernière, la plus fréquente : oublier les bulles au moment de dessiner le décor, puis les poser par-dessus.

Un exercice dans l’éditeur

Rien ne vaut un test grandeur nature. Voici une façon de s’entraîner en dix minutes.

Placer et tester ses bulles

  1. Ouvrez l’éditeur BlankComic et choisissez une mise en page à quatre cases.
  2. Dessinez deux personnages dans la première case (de simples bonshommes suffisent) et ajoutez une bulle ronde pour chacun.
  3. Essayez les quatre styles d’appendice et de contour proposés : rond, dentelé, nuage, pointillé. Mettez un cri dans la deuxième case et une pensée dans la troisième.
  4. Ajoutez un cartouche (l’encadré de texte pour la narration) dans la quatrième : « Plus tard… ».
  5. Faites lire la planche à quelqu’un, à voix haute. S’il hésite à un endroit, c’est que l’ordre des bulles est ambigu : déplacez-les.

L’éditeur est gratuit, fonctionne dans le navigateur, ne demande aucun compte et n’ajoute pas de filigrane à l’export en PDF ou en PNG.

Questions fréquentes sur le phylactère en BD

Qu’est-ce qu’un phylactère en BD ?

Un phylactère est le cadre qui contient les paroles ou les pensées d’un personnage de bande dessinée. On dit plus couramment « bulle ». Il est relié au personnage qui parle par une petite pointe appelée appendice.

Quelle est la différence entre une bulle et un phylactère ?

Il n’y a aucune différence : les deux mots désignent le même objet. « Phylactère » est le terme savant, « bulle » le mot courant. On trouve aussi « ballon », plus ancien en français, qui correspond à l’anglais speech balloon.

Comment s’appelle la pointe d’une bulle de BD ?

Elle s’appelle l’appendice (ou pointeur, ou queue). Elle relie la bulle au personnage qui parle. Pour une pensée, l’appendice devient une suite de petits ronds qui s’éloignent de la bulle en nuage.

Dans quel ordre lit-on les bulles d’une case ?

On les lit de gauche à droite et de haut en bas, comme un texte. La bulle à lire en premier se place donc la plus à gauche ou la plus haute, et la suivante dessous ou un peu plus à droite.

Quels sont les différents types de bulles en BD ?

Les plus courants sont la bulle de parole (contour lisse), la bulle de pensée (en nuage), la bulle de cri (en dents de scie, aussi utilisée pour une voix électronique) et la bulle de murmure (en pointillé). La narration, elle, se place dans un cartouche.

Quelle est la différence entre un phylactère et un cartouche ?

Le phylactère contient la parole ou la pensée d’un personnage, avec un appendice. Le cartouche (ou récitatif) contient la voix du narrateur : il est rectangulaire, sans appendice, et le plus souvent placé en haut de la case.

Qui a inventé la bulle de BD ?

Personne en particulier : la banderole parlante existe depuis le Moyen Âge, et des caricaturistes britanniques l’utilisaient au XVIIIe siècle. Dans la BD, elle se généralise à partir du Yellow Kid d’Outcault (1896) et des Katzenjammer Kids de Dirks (1897).

Faut-il dessiner la bulle avant d’écrire le texte ?

Non, c’est mieux de faire l’inverse. Les dessinateurs écrivent d’abord le texte, puis dessinent la bulle autour. Ainsi, on est sûr que tout le texte tient dans la bulle sans réduire les lettres.

Sources et pour aller plus loin

Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.

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Écrit par

Créateur de BlankComic. Développeur web et passionné de bande dessinée, il conçoit des outils gratuits, sans compte, pour que l’art séquentiel soit à la portée de tous.