Un manga se fabrique par étapes bien identifiées : on invente l’histoire, on dessine un brouillon miniature de l’ensemble que les Japonais appellent le name, on passe au crayonné, à l’encrage et aux trames, et on termine par le lettrage. Chaque étape s’apprend séparément, à son rythme. Ce guide les parcourt dans l’ordre et dit franchement ce que l’éditeur de BlankComic permet de faire dans le navigateur, et ce qu’il vaut mieux confier au papier ou à un autre logiciel.
L’essentiel en 30 secondes
- Commencez par une histoire courte et par le name, le brouillon en miniature de toutes les pages, pas par le dessin final.
- Le manga se lit de droite à gauche : la première case se place en haut à droite de la planche.
- Dans BlankComic, vous choisissez un format manga, vous montez les cases, vous ajoutez les bulles et vous exportez en PNG, JPG, PDF ou SVG, sans compte.
Une histoire assez courte pour être terminée
Ce qui tue le plus de premiers mangas, c’est l’ambition : douze tomes de scénario, quarante personnages, une carte du monde. Un récit court de quelques pages, avec un personnage qui veut une seule chose, enseigne presque tout ce qu’enseignerait une longue série, et surtout il se termine. Notez l’idée en trois ou quatre phrases : qui est le personnage, ce qu’il veut, ce qui l’en empêche, comment la dernière page se referme. Pour structurer ce point de départ, le synopsis et le scénario d’une BD se construisent de la même façon, et une fiche personnage vous évite de réinventer le héros à chaque page.
Le name : votre brouillon en miniature
Les mangakas professionnels ne s’installent pas devant une feuille blanche pour dessiner des cases définitives. Ils commencent par le name (ネーム, nemu), une version miniature de toute l’histoire qui règle le rythme, les déplacements des personnages dans la scène et les dialogues. D’après un tutoriel de MediBang, c’est à ce stade que la mise en page des cases, les dialogues et le travail de caméra sont presque entièrement décidés. Akira Himekawa, qui signe les adaptations de Zelda en manga, le décrit comme la préparation la plus importante avant de dessiner la planche, et les éditeurs japonais lisent le name pour juger une histoire avant que les pages finales existent.
Nul besoin d’éditeur pour en profiter. Des bonshommes en bâtons et des rectangles suffisent. Vous testez si la page tournée tombe au bon endroit, si une case porte trop d’informations, si la dernière méritait sa place. Refaire une vignette prend quelques secondes, refaire une planche encrée prend des heures. Notre méthode de storyboard et de découpage s’applique telle quelle.
Format de page et sens de lecture
Le manga se lit de droite à gauche et de haut en bas, le sens traditionnel de l’écriture japonaise. Selon la Cité internationale de la bande dessinée, les éditeurs français ont très vite choisi de le publier dans ce sens original. Sur la planche, la première case se place en haut à droite, le regard file vers la gauche, puis redescend à la rangée suivante. Suivez les numéros du schéma.
Dans l’éditeur, choisissez le format Manga (6,7 × 9,4 pouces, environ 17 × 24 cm) ou saisissez une taille personnalisée. BlankComic n’impose pas de sens de lecture : vous placez les cases dans l’ordre voulu, donc pour un flux de manga, montez la composition avec la case clé en haut à droite. Décidez-le avant de commencer, car inverser une planche terminée oblige à refaire tous les textes. Pour l’impression, vérifiez aussi les formats et marges d’une planche.
L’ordre exact des cases et des bulles, schémas à l’appui : sens de lecture et découpage d’une planche de manga. Planche vierge en PDF : planches de manga et storyboard.
Découper la planche : rythme et mouvement
Ouvrez les mises en page proposées (30, dont des formats manga) ou partez d’une page vide, découpez-la d’un clic à l’horizontale ou à la verticale, puis tirez sur les bords. Agrandissez le moment qui compte, utilisez des cases larges pour situer la scène et des cases étroites pour la vitesse ou la tension. La Cité de la BD note que le manga multiplie les indications de mouvement et de vitesse et recourt moins à l’ellipse que la BD franco-belge. Un article de L’Éclaireur (Fnac) parle de « décompression » : une action découpée en beaucoup d’images, ce qui explique qu’un volume compte plusieurs centaines de pages, contre une cinquantaine pour un album franco-belge. Pour la mise en page proprement dite, voyez la composition d’une planche de manga, et pour un format court, le yonkoma.
Pour vous entraîner sur un format court : le yonkoma, le manga en quatre cases.
Crayonné, encrage et trames
Le dessin final suit le name : crayonné d’abord, encrage ensuite, trames à la fin. VIZ Media présente le crayonné comme le début de l’art final et la trame comme ce qui donne du volume à une page en noir et blanc, d’où les motifs de points si caractéristiques. Le noir et blanc s’explique aussi par les délais et le coût des magazines de prépublication, selon le même article de L’Éclaireur. Un dessinateur détaille son ordre d’encrage : bordures, bulles, personnages, décor, lignes d’effet, puis texte. Inutile de le copier, mais un ordre fixe évite d’encrer ce qu’on voulait modifier. Pour le matériel, voyez les techniques d’encrage.
BlankComic est un outil de mise en page et de lettrage, pas un logiciel d’illustration professionnel : il propose un outil de dessin simple et permet d’importer vos images dans chaque case, mais il n’a ni pinceaux avancés ni trames intégrées. La plupart des gens dessinent sur papier et importent la planche, ou dessinent dans une autre application et exportent un PNG. Si vous préférez le papier dès le départ, imprimez une planche de manga vierge et dessinez directement dessus.
Bulles, textes et onomatopées
Le lettrage passe en dernier pour ne pas entrer en collision avec le dessin. L’éditeur propose six types de bulles (parole, pensée, cri, chuchotement, narration et légende), avec un appendice orientable dans huit directions pour désigner celui qui parle. Les onomatopées s’écrivent en texte avec des polices de BD comme Bangers, Bebas Neue ou Oswald. Sur une planche de droite à gauche, la bulle de la première réplique se place plus à droite et plus haut que la réponse. Sur le vocabulaire et les formes, voyez le phylactère et les onomatopées.
Exporter et sauvegarder le projet
Exportez en PNG ou JPG pour l’écran, en PDF pour imprimer, en SVG pour du vectoriel. Enregistrez aussi le projet au format .blank : un PDF ou un PNG exporté ne peut pas être rouvert pour être modifié, alors que le .blank conserve chaque case et chaque bulle. Le travail est également sauvegardé automatiquement dans votre navigateur et rien n’est envoyé à un serveur. Le guide général comment faire une BD détaille la suite pour un récit plus long.
Un exercice de 20 minutes dans l’éditeur
Exercice
- Ouvrez l’éditeur et choisissez le format Manga.
- Prenez une mise en page à cinq cases et placez l’ouverture en haut à droite.
- Avec l’outil de dessin, tracez des bonshommes : quelqu’un trouve un objet, hésite, l’ouvre, réagit.
- Ajoutez deux bulles et une onomatopée, exportez un PNG et enregistrez le .blank.
Les erreurs de débutant
La première est de sauter le name. La deuxième, de sur-dessiner la première case et de ne jamais atteindre la dernière. Viennent ensuite le lettrage trop précoce, qu’il faut refaire à chaque déplacement de personnage, et le sens de lecture non décidé, qui laisse la case clé dans le mauvais coin. Quand le premier récit court est fini, passez à une histoire plus longue avec la même méthode.
Questions fréquentes sur la création d’un manga
Comment faire un manga quand on débute ?
En commençant par une histoire courte et par le name, le brouillon en miniature de toutes les pages. Ensuite vous fixez le format, vous montez les cases, vous faites le dessin final et vous placez les bulles. BlankComic permet de gérer le format, les cases, les bulles et l’export gratuitement.
C’est quoi le name en manga ?
Le name (ネーム, nemu) est le brouillon en miniature d’un manga : on y fixe la disposition des cases, le rythme et les dialogues avant le dessin définitif.
Dans quel sens lit-on et dessine-t-on un manga ?
De droite à gauche et de haut en bas. La première case de la planche se place en haut à droite.
Quel format de page choisir pour un manga dans BlankComic ?
L’éditeur propose un format Manga de 6,7 × 9,4 pouces (environ 17 × 24 cm). Vous pouvez aussi saisir une taille personnalisée si votre imprimeur ou votre plateforme en demande une autre.
BlankComic propose-t-il des trames de manga ?
Non, il n’intègre pas de bibliothèque de trames. Dessinez et ombrez sur papier ou dans un autre logiciel, importez l’image dans les cases, puis terminez la mise en page et les textes dans BlankComic.
Peut-on faire un manga sans savoir dessiner ?
Pour planifier l’histoire et la mise en page, des bonshommes en bâtons suffisent. Beaucoup de gens construisent la structure dans l’éditeur et améliorent leur dessin avec la pratique.
Sources et pour aller plus loin
Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.
- Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, « Manga : généralités » : sens de lecture, indications de mouvement et ellipse.
- L’Éclaireur Fnac, « Comment lire un manga ? » : sens de lecture, noir et blanc, décompression.
- VIZ Media, « Manga Creation 101 » (en anglais) : name, crayonné, encrage et trames.
- MediBang, « Manga Tutorial for Beginners 01 » (en anglais) : le name et l’ordre d’encrage d’un dessinateur.
- Otakumode, « Akira Himekawa Teaches How to Draw Manga, Vol. 4: Names » (en anglais) : le rôle du name pour des professionnels.
