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Comment écrire un synopsis et un scénario de BD : méthode, exemple complet et gabarit vierge

2 octobre 2026 · mis à jour le 15 octobre 2026 11 min de lecture par
Comment écrire un synopsis et un scénario de BD : méthode, exemple complet et gabarit vierge

Entre une idée et une planche, il y a un texte. Il s’appelle synopsis quand il tient en quelques lignes, scénario quand il décrit chaque case. Beaucoup de débutants sautent cette étape, dessinent d’abord, et se perdent à la page trois. Voici comment écrire l’un puis l’autre, avec un exemple complet de bout en bout sur une planche de six cases et un gabarit vierge à imprimer.

L’essentiel en 30 secondes

  • Le synopsis résume l’histoire : un début, une fin, des personnages, des décors. Dix phrases au maximum pour un projet scolaire.
  • Le scénario se présente souvent en deux colonnes : la description de la case à gauche, les textes et dialogues à droite.
  • La structure la plus courante tient en trois actes : exposition, développement, résolution.
  • Une case = un moment. Si une description contient deux actions, c’est qu’il faut deux cases.

Le synopsis : le résumé de l’histoire

Le synopsis est le résumé de votre histoire, en bloc de texte. C’est l’ossature, la structure à partir de laquelle le scénario va se développer. D’après le dossier pédagogique de la Cité internationale de la bande dessinée, il doit comporter, résumés assez brièvement, un début, une fin, et une description des personnages et des décors.

Le Musée de la bande dessinée de Bruxelles propose dans ses ateliers un cadre précis : un résumé condensé de l’histoire en maximum dix phrases, avec une situation de départ, un événement déterminant et un dénouement. C’est un excellent cadre pour un projet scolaire ou une première BD. Pour les albums professionnels, le synopsis est plus long : un scénariste cité par un guide en parle comme de trois ou quatre pages pour un album de 46 pages, présentant l’histoire telle qu’elle se déroule, dans l’ordre chronologique.

Avant de l’écrire, un conseil de bon sens : notez l’idée en deux ou trois lignes, puis, si besoin, documentez-vous. L’idée peut motiver une recherche, et la documentation peut aussi faire naître une idée ; les deux sont liées. Pour la construction du héros, une fiche de personnage évite les oublis.

La structure en trois actes

La structure narrative la plus répandue se divise en trois parties, appelées aussi actes. La Bibliothèque nationale de France les décrit ainsi dans ses fiches pédagogiques.

Le premier acte est l’exposition : il introduit les personnages et leur univers dans une situation calme et stable. À sa fin, un événement inattendu brise l’équilibre et pousse les personnages à réagir : c’est le nœud dramatique. Le deuxième acte, le développement, est le plus long : les personnages affrontent l’événement et ses conséquences, jusqu’à un point culminant, le climax, où ils triomphent ou échouent. Le troisième acte, la résolution, est le plus court : l’action est terminée et le calme revient.

Sur une planche de six cases, ces trois actes tiennent dans des proportions modestes : une ou deux cases pour la situation, deux ou trois pour le développement, une pour la chute. Le schéma est le même, il est juste serré.

Dans cette structure, le personnage principal, le protagoniste, doit avoir des traits de caractère bien définis et des valeurs à défendre pour que le lecteur s’identifie. Son opposé, l’antagoniste, est son ennemi, son négatif : il peut être un monstre, un rival, ou un simple obstacle. Un bon personnage évolue au fil de l’histoire, ce que l’on appelle l’arc narratif.

Du synopsis au séquencier

Entre le synopsis et le scénario détaillé, beaucoup de scénaristes passent par un séquencier : la liste des scènes qui s’enchaînent, sans dialogue ni longue description. Dans le cadre d’un album, le séquencier est un document plus long que le synopsis (un guide parle d’une quinzaine de pages) qui décrit, scène par scène, le déroulement de l’histoire.

Pour une planche, il se réduit à une ligne par case. Le dossier de la Cité de la BD propose, pour les ateliers d’enfants, d’écrire directement le scénario sous forme de séquencier : un récit pensé en séquences se découpe plus facilement qu’un récit linéaire qu’il faut ensuite traduire. Cette étape prépare le storyboard, qui répartit le tout dans la page.

Le scénario à deux colonnes

Le scénario est le texte détaillé, case par case. L’encyclopédie de la Cité de la BD décrit sa forme canonique : un écrit comprenant deux sortes d’énoncés, souvent répartis jadis dans deux colonnes juxtaposées. D’un côté, des descriptions, plus ou moins détaillées, de ce qui devra être représenté ; de l’autre, les répliques qui composent le dialogue.

Dans la pratique des ateliers, cela donne un tableau : à gauche la description de la case, à droite les textes et dialogues qui y seront inscrits. Certains scénaristes séparent même l’image (la description) et le texte (bulles, récitatifs, onomatopées). Contrairement à un script de film, qui ne donne que quelques indications de mise en scène, le scénario de BD doit être précis dans le découpage de l’action, puisqu’il engage la conversation entre le scénariste et le dessinateur : sur le choix des cases, les plans et les textes.

Ce que le scénario permet aussi, c’est de fixer les chiffres : nombre de pages, de cases, de bulles et leur contenu respectif.

Un exemple complet sur six cases

Voici une histoire inventée pour l’occasion, du synopsis au scénario. Elle tient en une planche.

Le synopsis (cinq phrases). Léa doit rendre sa BD demain et il ne lui reste qu’une heure. Son chat Moka s’installe pile sur sa feuille blanche. Elle le déplace deux fois, il revient deux fois. Elle finit par dessiner les cases autour du chat endormi. Le lendemain, le professeur lui demande pourquoi la case du milieu est vide : « C’est un chat blanc », répond Léa.

Le séquencier. 1) Léa à son bureau. 2) Le chat se couche sur la feuille. 3) Léa, agacée. 4) Elle le déplace, il revient. 5) Elle accepte et dessine autour. 6) La classe, le lendemain : la chute.

Les trois actes sont visibles : l’exposition (cases 1 et 2, avec le nœud dramatique à la case 2), le développement (cases 3 à 5, avec le climax de l’acceptation) et la résolution (case 6, qui est aussi la chute).

Le scénario à deux colonnes :

CasePlan et angleDescription de l’imageTexte
1Plan d’ensemble, normalUne chambre. Léa est assise à son bureau devant une grande feuille blanche, un crayon à la main. Une lampe est allumée.Cartouche : « Dimanche soir. »
Léa : « Plus qu’une heure pour finir ma BD ! »
2Plan moyenMoka, un chat blanc, saute sur le bureau et se couche au milieu de la feuille.Onomatopée : « FLOP ! »
3Gros plan sur le visage de LéaElle fronce les sourcils, le crayon en l’air.Léa : « Moka… pousse-toi. »
4Plan américainLéa soulève le chat et le dépose sur la chaise. Moka remonte aussitôt sur la feuille, déjà roulé en boule.Onomatopée : « FLOP ! » (plus grand que dans la case 2)
5Plan moyen, légèrement en plongéeLéa sourit, résignée, et trace les cases autour du chat endormi.Bulle de pensée : « D’accord. On fait avec. »
6Plan d’ensemble, la classeLe professeur tient la feuille : au milieu, un grand blanc en forme de chat. Léa se tient bien droite.Cartouche : « Lundi. »
Professeur : « Pourquoi cette case est-elle vide ? »
Léa : « Ce n’est pas vide. C’est un chat blanc. »

Remarquez ce que ce tableau fait pour la suite : il donne le plan de chaque case (donc le cadrage), il place le texte à l’avance, il annonce un écho (le « FLOP ! » de la case 4 doit être plus grand que celui de la case 2) et il garde la chute pour la dernière case.

Écrire ses cases : plans, texte, rythme

Une case, un moment. Chaque case fige un moment de l’histoire. Si la description d’une case contient deux actions qui se suivent (« elle ouvre la porte puis s’assoit »), il faut deux cases, ou choisir l’une des deux.

Indiquer le plan. Préciser « gros plan sur la clé » évite de longues descriptions. Il est préférable de débuter une séquence par un plan large pour situer le décor, avant de se rapprocher.

Limiter les décors et les détails. N’indiquez que ce qui compte pour comprendre le récit : le lieu, le moment du jour ou de la nuit, un changement de vêtements si c’est important.

Laisser parler l’image. Les images doivent raconter une partie importante de l’histoire ; limitez les textes et les dialogues au strict minimum. Un dialogue qui décrit ce que le dessin montre déjà est un dialogue de trop.

Doser le rythme. La taille d’une case est généralement proportionnelle à son importance : les moments forts méritent plus de place. À l’inverse, la fiche du Festival d’Angoulême pour les 6-12 ans note que beaucoup de cases sur une planche peuvent donner une impression de vitesse et d’accélération.

À LIRE AUSSI

La voix du narrateur s’écrit dans les cartouches : cartouche et récitatif en BD.

La chute, la surprise et le tourné de page

La chute est le dernier élément qui retourne ce que le lecteur pensait. On l’a vu dans le guide du strip : elle tombe dans la dernière case, sans commentaire. Dans notre exemple, elle repose sur un contraste entre ce que le professeur croit voir (une case vide) et ce que Léa décrit (un chat).

Sur un album, l’espace joue un rôle supplémentaire : le tourné de page. La BnF note que, dans les BD d’horreur, une apparition peut être placée au moment où l’on tourne la page, dans une case importante, afin de créer de la surprise. On peut donc réserver la révélation à la première case de la page suivante, et finir la page précédente sur une question ou un suspense. C’est ce que les anglophones appellent un cliffhanger quand il conclut un épisode.

Un gabarit de scénario vierge à imprimer

Voici le gabarit de l’exemple, vide, pour une planche de six cases. Utilisez la fonction d’impression de votre navigateur (« Imprimer », puis « Enregistrer au format PDF ») pour l’obtenir en fichier ou sur papier.

CasePlan et angleDescription de l’imageTexte (bulles, cartouche, onomatopée)
1   
2   
3   
4   
5   
6   

Pour une version plus longue, recopiez la ligne autant de fois que nécessaire, ou passez à un tableur.

Les erreurs fréquentes

Commencer par les dialogues, alors que l’histoire n’est pas encore construite. Écrire un synopsis qui raconte une ambiance au lieu d’une histoire : s’il n’y a ni obstacle ni dénouement, il n’y a rien à dessiner. Mettre trop d’actions dans une même case. Noyer l’image sous le texte. Oublier la chute, ou la placer au milieu. Écrire des cases qu’on ne saurait pas dessiner : si vous ne voyez pas l’image, le dessinateur ne la verra pas non plus.

Un exercice dans l’éditeur

Le gabarit ci-dessus se transforme en planche en quelques minutes.

Du scénario à la planche

  1. Écrivez votre synopsis en cinq phrases, avec une chute, puis remplissez le gabarit de six lignes.
  2. Ouvrez l’éditeur BlankComic et prenez une mise en page de six cases.
  3. Composez chaque case en suivant votre colonne « plan et angle » : large, moyen, gros plan.
  4. Placez les textes de la colonne de droite : cartouches, bulles, onomatopées.
  5. Exportez en PDF ou en PNG et vérifiez que la dernière case porte bien la chute.

Questions fréquentes sur le synopsis et le scénario de BD

Comment écrire un synopsis de BD ?

Résumez l’histoire en quelques phrases : un début, une fin, les personnages et les décors. Pour un projet scolaire, dix phrases au maximum, avec une situation de départ, un événement déterminant et un dénouement.

Quelle différence entre synopsis et scénario ?

Le synopsis est le résumé bref de l’histoire. Le scénario la développe case par case : la description de l’image d’un côté, les textes et dialogues de l’autre.

Qu’est-ce qu’un séquencier ?

Le séquencier liste la succession des scènes ou des cases, sans dialogue ni description longue. Il se situe entre le synopsis et le scénario détaillé.

Quelle est la structure narrative d’une BD ?

La plus courante comporte trois actes : l’exposition (situation stable, puis nœud dramatique), le développement (conflits, jusqu’au climax) et la résolution (retour au calme).

Comment faire une chute en BD ?

Gardez-la pour la dernière case et ne l’expliquez pas : elle doit retourner ce que le lecteur pensait. Un dessin qui contredit le texte, ou une chute silencieuse, fonctionne souvent mieux qu’une réplique.

Combien de cases dans un scénario de BD d’une page ?

Il n’y a pas de règle. Six cases sont un bon repère pour une première planche : une ou deux pour la situation, deux ou trois pour le développement, une pour la chute.

Où trouver un script de BD vierge à imprimer ?

Le gabarit de cette page s’imprime tel quel avec la fonction d’impression de votre navigateur (« Enregistrer au format PDF »). BlankComic ne propose pas de fiche prête à télécharger, mais son éditeur gratuit permet de passer ensuite à la planche.

Sources et pour aller plus loin

Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.

Passez du scénario à la planche, gratuitement.

Posez vos six cases, placez bulles et cartouches, exportez en PDF ou PNG. Sans compte, sans installation, sans filigrane.

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Écrit par

Créateur de BlankComic. Développeur web et passionné de bande dessinée, il conçoit des outils gratuits, sans compte, pour que l’art séquentiel soit à la portée de tous.