Le yonkoma est le format court par excellence du manga : quatre cases de même taille, lues de haut en bas, et une structure en quatre temps, le kishōtenketsu. Voici sa définition, le rôle de chaque case, un modèle vierge PDF gratuit et une méthode pour écrire votre premier yonkoma.
L’essentiel en 30 secondes
- Yonkoma = « quatre cases » : un manga court, vertical, lu de haut en bas.
- Structure kishōtenketsu : introduction, développement, retournement, conclusion.
- Le retournement (case 3) n’a pas besoin d’être un conflit.
- Modèle PDF A4 gratuit : deux yonkoma par page, avec titre.
Qu’est-ce qu’un yonkoma ?
Le yonkoma (四コマ, « quatre cases ») est un format de manga court en quatre cases de même taille, le plus souvent empilées verticalement et lues de haut en bas. On l’écrit aussi 4-koma ou yon-koma. C’est l’équivalent japonais du comic strip, avec une différence de taille : sa structure narrative en quatre temps, le kishōtenketsu.
Le format apparaît au Japon au début du XXe siècle : le premier yonkoma est attribué à Rakuten Kitazawa, en 1902. Le plus célèbre reste Sazae-san de Machiko Hasegawa, publié de 1946 à 1974, d’abord dans un quotidien régional puis dans l’Asahi Shimbun. Aujourd’hui, on trouve des yonkoma partout : dans les magazines de manga, les journaux, les magazines de jeux vidéo, et en bonus à la fin de nombreux tomes de manga.
Le kishōtenketsu : une case, un rôle
Le kishōtenketsu (起承転結) est une structure de récit en quatre temps, héritée de la poésie chinoise. Chaque case du yonkoma correspond à un temps :

introduire, développer, retourner, conclure.
| Case | Temps | Rôle |
|---|---|---|
| 1 | Ki (起) | Introduire : le personnage, le lieu, la situation. |
| 2 | Shō (承) | Développer : la situation avance, sans surprise. |
| 3 | Ten (転) | Retourner : l’élément inattendu, le décalage. C’est le cœur du yonkoma. |
| 4 | Ketsu (結) | Conclure : la réaction, la conséquence, la chute. |
La grande différence avec le gag occidental en trois cases ? Le kishōtenketsu ne repose pas forcément sur un conflit. Le retournement peut être un simple changement de point de vue, une découverte, un rapprochement inattendu. C’est ce qui donne aux yonkoma leur ton souvent doux, absurde ou mélancolique.
Le modèle de yonkoma vierge à imprimer
Le gabarit ci-dessous contient deux yonkoma par page A4, chacun avec un cadre pour le titre et l’indication discrète ki / shō / ten / ketsu sous chaque case. Gratuit, en PDF, prêt à photocopier.
Écrire un yonkoma en 4 étapes
- Commencez par la case 3. Le retournement est l’idée du yonkoma. Trouvez d’abord ce qui surprend, puis construisez le reste autour.
- Écrivez la case 4. Quelle réaction rend le retournement drôle ou touchant ? Souvent, la case 4 est muette : un visage suffit.
- Remontez aux cases 1 et 2. Elles doivent installer ce qui rendra la case 3 surprenante, sans la dévoiler.
- Coupez le texte. Une à deux bulles par case. Si une case a besoin d’un paragraphe, l’idée est trop compliquée pour quatre cases.
1 (ki) : Une élève s’entraîne au piano, concentrée.
2 (shō) : Elle joue de plus en plus fort, de plus en plus vite.
3 (ten) : On découvre que le chat du voisin, assis sur le rebord de la fenêtre, s’est endormi.
4 (ketsu) : Elle continue sur la pointe des doigts, tout doucement.
Aucun conflit, une surprise, une fin tendre : c’est l’esprit du yonkoma.
Les règles de mise en page
- Quatre cases identiques. La régularité est la signature du format ; elle met en valeur le rythme du texte.
- Lecture de haut en bas. Dans chaque case, si plusieurs bulles se suivent, on lit de droite à gauche en manga japonais ; dans une création francophone, vous pouvez garder la lecture de gauche à droite. Soyez simplement cohérent.
- Un titre au-dessus. Il annonce le sujet ou ajoute une couche d’humour.
- Peu de décor. Les cases sont petites : on cadre serré sur les personnages.
- Une gouttière régulière, plutôt fine. Voyez le guide de la gouttière en BD.
Yonkoma et comic strip : les différences
| Yonkoma | Comic strip occidental | |
|---|---|---|
| Nombre de cases | 4, toujours | Souvent 3 ou 4, parfois plus |
| Disposition | Verticale le plus souvent | Horizontale |
| Structure | Kishōtenketsu (introduction, développement, retournement, conclusion) | Situation, complication, chute |
| Ressort | Le décalage, sans conflit obligatoire | Souvent le gag ou le conflit |
Le strip occidental est détaillé dans le guide du strip de BD et du gag en trois cases.
6 idées de yonkoma pour vous lancer
- Le réveil. 1 : le réveil sonne. 2 : le personnage l’éteint. 3 : on voit le calendrier, c’est dimanche. 4 : il se rendort, un sourire aux lèvres.
- La recette. 1 : un enfant suit une recette de gâteau. 2 : il mélange avec application. 3 : le gâteau sort du four, parfait… pour le chien. 4 : le chien, ravi, un tablier sur le dos.
- Le parapluie. 1 : il pleut. 2 : une fille ouvre son parapluie. 3 : un chaton s’abrite à ses pieds. 4 : elle rentre trempée, le chaton au sec sous le parapluie.
- La photo de classe. 1 : tout le monde se place. 2 : « Souriez ! ». 3 : un pigeon se pose sur la tête du professeur. 4 : la photo affichée, tout le monde rit, sauf le pigeon.
- Le robot. 1 : un robot apprend à dire bonjour. 2 : il s’entraîne devant le miroir. 3 : il salue son reflet, qui lui répond. 4 : il passe la journée devant le miroir.
- Le dernier bus. 1 : un garçon court. 2 : le bus démarre. 3 : le chauffeur l’attend, c’est son grand-père. 4 : ils rentrent ensemble, le grand-père fier, le garçon essoufflé.
Les erreurs fréquentes
- Une case 3 qui n’en est pas une. Si rien ne change à la troisième case, le yonkoma tombe à plat.
- Une chute expliquée. La case 4 qui explique la blague la tue. Laissez le lecteur comprendre.
- Trop de personnages. Deux personnages suffisent ; les cases sont petites.
- Des cases de tailles différentes. Le format repose sur quatre cases identiques.
Le yonkoma en classe
Quatre cases, quatre rôles : le yonkoma est un outil remarquable pour apprendre à structurer un récit. Il oblige à distinguer la situation initiale, l’élément perturbateur et la situation finale, en un format qu’on termine en une séance. Il permet aussi d’aborder la culture japonaise et la différence entre les traditions narratives.
Pistes : faire écrire le même retournement avec deux conclusions différentes ; donner les cases 1, 2 et 4 et faire inventer la case 3 ; transformer une fable courte en yonkoma.
Créer un yonkoma dans l’éditeur
- Ouvrez l’éditeur BlankComic (gratuit, sans compte). Dans Layout › Show all, choisissez 4 Row : quatre cases empilées, une sous l’autre.
- Pour un format allongé, choisissez une taille de page personnalisée (Custom) plus haute que large, ou gardez le format Manga.
- Ajoutez un titre en haut avec Text › Title.
- Remplissez les quatre cases (dessin avec Draw ou images avec Picture), puis une ou deux bulles par case.
- Téléchargez en PNG pour les réseaux sociaux : le format vertical se lit très bien sur téléphone.
Questions fréquentes sur le yonkoma
Qu’est-ce qu’un yonkoma ?
C’est un format de manga court en quatre cases de même taille, le plus souvent empilées verticalement et lues de haut en bas, qui suit la structure kishōtenketsu.
Comment faire un manga en 4 cases ?
Trouvez d’abord le retournement (case 3), puis la conclusion (case 4), et construisez les cases 1 et 2 pour préparer la surprise. Gardez une à deux bulles par case.
Que signifie kishōtenketsu ?
C’est une structure en quatre temps : ki (introduction), shō (développement), ten (retournement) et ketsu (conclusion).
Où télécharger un gabarit de yonkoma vierge ?
Sur cette page : un PDF A4 gratuit avec deux yonkoma par page, un cadre de titre et l’indication des quatre temps.
Quel est le yonkoma le plus célèbre ?
Sazae-san de Machiko Hasegawa, publié de 1946 à 1974, est l’un des yonkoma les plus connus au Japon.
Sources et pour aller plus loin
Les faits de cette page ont été vérifiés auprès des ressources suivantes.
- Wikipedia (en anglais), « Yonkoma » : définition, disposition, structure kishōtenketsu et premier yonkoma (1902).
- Wikipedia (en anglais), « Sazae-san » : dates de publication et journaux.



