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Séquence pédagogique BD au cycle 3 (CM1, CM2, 6e) : 8 séances, fiche de préparation et grille d’évaluation

2 octobre 2026 · mis à jour le 15 octobre 2026 12 min de lecture par
Séquence pédagogique BD au cycle 3 (CM1, CM2, 6e) : 8 séances, fiche de préparation et grille d’évaluation

Faire créer une BD en classe demande moins de matériel que d’organisation. Les séquences publiées par les enseignants vont de cinq à treize séances ; celle-ci en propose huit, de quarante-cinq à soixante minutes, pour des élèves de CM1, de CM2 ou de 6e. Chaque séance a un objectif, une production et un support, et l’ensemble aboutit à une planche de quatre à six cases avec un titre, un début et une fin. La séquence est à adapter à votre classe, à votre emploi du temps et aux programmes en vigueur.

L’essentiel en 30 secondes

  • La séquence tient en 8 séances : découvrir, lire, manier bulles et onomatopées, inventer, écrire, découper, dessiner, relire et valoriser.
  • La production finale est une planche de 4 à 6 cases, avec un titre, un début et une fin : c’est aussi ce que demande le concours de la BD scolaire.
  • Un storyboard en petit format (A5) précède toujours la mise au propre ; les grilles d’évaluation et de relecture sont fournies plus bas.
  • Version numérique possible : BDnF (BnF) propose elle-même une organisation en 3 séances d’une heure ; un éditeur en ligne gratuit comme BlankComic convient aussi.

Les objectifs de la séquence

Le cycle 3 réunit le CM1, le CM2 et la 6e. La BD s’y travaille au carrefour de plusieurs disciplines : lecture (comprendre un récit qui associe texte et image), écriture (construire une histoire, rédiger des dialogues courts), vocabulaire (planche, case, bulle, onomatopée) et arts plastiques. Un document de la DSDEN des Bouches-du-Rhône consacré aux arts plastiques cite d’ailleurs, parmi les extraits de programmes qui justifient la séquence, la « narration visuelle ». Pour les références exactes, consultez les programmes en vigueur sur Éduscol : ils sont susceptibles d’évoluer, et cette page ne s’y substitue pas.

Les objectifs retenus ici sont concrets. À la fin de la séquence, l’élève doit savoir nommer les éléments d’une planche, lire une planche dans le bon ordre (cases et bulles), raconter une histoire courte avec un début, un milieu et une fin, découper son récit en cases et réaliser une planche lisible. Le dernier critère est volontairement modeste : le Concours de la BD scolaire du Festival d’Angoulême, ouvert de la grande section à la terminale, demande lui aussi un scénario avec un titre, un début et une fin.

La séquence en un tableau

Le tableau sert de fiche de préparation. Les durées sont indicatives : elles varient selon les élèves et selon que la mise au propre se fait en classe ou en plusieurs fois.

SéanceDuréeObjectifProduction
1. Découvrir la BD45 minRepérer ce qui distingue une BD d’un autre récit ; nommer les éléments d’une planchePlanche étiquetée
2. Lire une planche45 minRespecter le sens de lecture des cases et des bullesCases remises dans l’ordre ; bulles à compléter
3. Bulles, onomatopées, plans55 minChoisir une bulle, une onomatopée, un planMini-planche de trois cases
4. Inventer son histoire50 minImaginer un personnage, un but, un obstacleFiche de personnage ; synopsis en cinq à dix phrases
5. Écrire le scénario50 minDécouper l’histoire en quatre à six momentsSéquencier : une ligne par case
6. Storyboard45 minMettre en page et placer les bullesBrouillon A5 en bonshommes bâtons
7. Réalisation1 h à 1 h 30Dessiner, encrer, lettrer, colorierPlanche A4 vertical
8. Relecture et bilan45 minRelire, corriger, s’évaluerGrille complétée ; planche finalisée

Séance par séance

Séance 1 : découvrir la BD. On distribue plusieurs planches (une histoire par page, une histoire par album, un strip) et on demande aux élèves de dire ce qu’ils voient. La mise en commun fait émerger les mots, qu’on fixe ensuite avec le lexique de la BD. Un dossier de BDnF suggère de consacrer ce temps à présenter l’histoire, les styles et les codes de la BD avant de passer à la pratique. Production : une planche annotée par les élèves.

Séance 2 : lire une planche. Deux exercices classiques, que les enseignants publient partout : des vignettes à remettre dans l’ordre pour travailler le sens de lecture, puis des bulles à compléter pour travailler le sens de lecture des bulles (plus haute d’abord, puis on descend). Le modèle de BD vierge avec bulles vides sert de support. Production : une planche reconstituée, des dialogues écrits.

Séance 3 : bulles, onomatopées, plans. Atelier de manipulation courte : choisir la forme d’une bulle selon la voix (guide du phylactère), dessiner une onomatopée (guide des onomatopées), changer de plan sur un même sujet (guide du cadrage). Production : une mini-planche de trois cases, où chaque case change un seul paramètre.

Séance 4 : inventer son histoire. L’élève imagine un personnage qui veut quelque chose et rencontre un obstacle. Un guide d’écriture d’Éduscol propose de noter en vrac tout ce qui passe par la tête : qui sont les personnages, où se trouvent-ils, que veulent-ils. On remplit ensuite la fiche de personnage et on rédige un synopsis, de cinq à dix phrases pour cet âge, comme le Musée de la bande dessinée de Bruxelles le propose dans ses ateliers. Production : fiche et synopsis.

Séance 5 : écrire le scénario. Le synopsis devient un séquencier, avec une ligne par case : le moment, le plan, le texte. La structure en trois actes aide à répartir : situation, développement, chute (guide du scénario). Pour les élèves en difficulté, une fiche à compléter avec aides d’écriture fait gagner du temps. Production : un séquencier de quatre à six lignes.

Séance 6 : storyboard. Sur une feuille de petit format (A5), l’élève dessine sa planche en bonshommes bâtons : cases tracées, personnages schématiques, bulles vides à leur place. Le dossier de la Cité de la BD recommande de limiter le temps pour qu’il ne double pas le crayonné, et propose aux enfants de partir d’une grille prédécoupée (guide du storyboard). Production : le brouillon, validé par l’enseignant avant le dessin.

Séance 7 : réalisation. Sur une feuille A4 vertical, de préférence au papier à dessin d’au moins 125 g, l’élève crayonne la planche, l’encre et la colorie. Pour les enfants, le même dossier recommande le stylo indélébile plutôt que la plume ou le pinceau : on évite les bavures si l’on peint ensuite. Prévoir souvent deux séances. Production : la planche.

Séance 8 : relecture et bilan. Les élèves échangent leurs planches, les relisent avec la grille ci-dessous, corrigent ce qui peut l’être, puis s’auto-évaluent. Production : une grille remplie par l’auteur et par un camarade.

Évaluer : critères et grille

On évalue la planche, mais aussi la démarche. La grille suivante est une proposition à adapter : elle reprend les exigences du concours de la BD scolaire (un titre, un début, une fin) et les acquis de la séquence. Trois niveaux suffisent : « à renforcer », « en cours d’acquisition », « atteint ».

CritèreÀ renforcerEn coursAtteint
Consigne : titre, début, fin visibles   
Histoire : un personnage, un but, un obstacle, une chute   
Lecture : ordre des cases et des bulles clair   
Vocabulaire : bulle, cartouche, onomatopée utilisés à bon escient   
Image : plans variés, dessin lisible   
Langue : orthographe et phrases soignées   
Soin : mise au propre, propreté, respect du format   

Utilisez la fonction d’impression du navigateur (« Imprimer », puis « Enregistrer au format PDF ») pour obtenir la grille en fichier ou sur papier.

La grille de relecture entre élèves

Plusieurs enseignants prévoient une grille de relecture : on corrige mieux la planche d’un autre que la sienne. Voici une version courte, à poser en séance 8. Le relecteur répond oui ou non à chaque question, sans commenter le dessin.

Question du relecteurOuiNon
Je comprends l’histoire sans que l’auteur me l’explique.  
Je sais dans quel ordre lire les cases.  
Je sais dans quel ordre lire les bulles, et qui parle.  
Le texte est lisible et sans faute que je puisse repérer.  
Il y a un début, une fin, et un titre.  
La dernière case m’a surpris ou fait sourire.  

Différencier : CM1, CM2, 6e, élèves en difficulté

En CM1, visez quatre cases, un seul personnage, une histoire en trois temps, et fournissez un synopsis à compléter. En CM2, la planche de six cases et le storyboard sont atteignables, avec un second personnage. En 6e, on peut aller vers deux planches, un cartouche pour le narrateur, une mise en page semi-régulière (guide du gaufrier) et un travail sur les plans.

Pour les élèves en difficulté, plusieurs supports d’aide circulent chez les enseignants : un synopsis à compléter avec aides d’écriture, une fiche pour écrire la chronologie, des cases vides numérotées. Pour les élèves rapides, proposez de casser la grille (agrandir la case de la chute), d’ajouter une double page ou de transformer la planche en strip de quatre cases.

Quand la maîtrise du dessin freine certains élèves, rappelez que des bonshommes bâtons peuvent porter une histoire. La BD est d’abord un récit : la clarté de la narration compte plus que la qualité du trait.

À LIRE AUSSI

Supports prêts à imprimer pour différencier : planches à bulles vides, BD muette avec lignes d’écriture, et tous les gabarits sur la page des planches de BD vierges.

Version numérique : BDnF et éditeurs en ligne

La BnF met à disposition des classes BDnF, une application de création de BD pour ordinateur (Windows, macOS) ou tablette (Android, iOS), réalisée avec le ministère de l’Éducation nationale. Ses fiches pédagogiques proposent une séquence de trois séances d’une heure : la première pour l’histoire et les codes de la BD, puis une courte prise en main ; la deuxième pour les fiches personnages et la constitution d’une banque d’images ; la troisième pour le scénario et la composition de la planche. L’application permet aussi des formats courts (mème, comic strip, yonkoma) et un projet de planche ou de webtoon.

Un éditeur en ligne comme BlankComic offre une autre voie : sans compte à créer, sans installation, sans filigrane, avec des mises en page de départ, des bulles, des cartouches et un export en PDF ou en PNG. Il convient bien pour les séances 6 et 7 en salle informatique, ou pour préparer les supports papier. Les deux outils ont des usages différents, et l’un n’exclut pas l’autre. Dans tous les cas, faites enregistrer le travail dans un format que vous pouvez collecter et imprimer.

Valoriser les productions

Une planche faite en classe mérite d’être vue. Quelques pistes : un recueil de classe (plusieurs séquences publiées par des enseignants aboutissent à un recueil de bandes dessinées), une exposition dans l’école ou la médiathèque, un échange avec une autre classe.

Le Concours de la BD scolaire du Festival d’Angoulême est ouvert aux élèves de la grande section à la terminale, avec un règlement qui change d’une édition à l’autre : nombre de planches, dates, formats. Pour une planche, il demande notamment un titre visible, un scénario avec un début et une fin, un papier à dessin d’au moins 125 g et un format vertical A4, 24 × 32 cm ou A3, uniquement en recto. Vérifiez le règlement de l’édition en cours avant de vous engager. Autre piste, l’opération « Remplis ta bulle ! », décrite dans le guide de la BD vierge.

Les erreurs fréquentes

Commencer par le dessin, sans avoir écrit l’histoire. Sauter le storyboard : c’est lui qui évite les mauvaises surprises à l’encrage. Prévoir trop de cases pour la durée disponible : une planche de quatre cases terminée vaut mieux qu’une planche de neuf inachevée. Évaluer seulement le dessin et oublier la narration. Imprimer sur du papier trop fin quand on prévoit de peindre. Et ne pas réserver de temps à la relecture, alors que c’est là que les élèves progressent le plus.

Préparer vos supports en dix minutes

Voici comment gagner du temps avant la séance 6.

Préparer les feuilles de storyboard et de planche

  1. Ouvrez l’éditeur BlankComic et choisissez un format A4 vertical.
  2. Prenez une mise en page de six cases et ajoutez-y des bulles vides ; ajoutez un cartouche dans la première case si vous voulez imposer un narrateur.
  3. Inscrivez un en-tête (titre, prénom) en haut de la feuille.
  4. Exportez en PDF et imprimez en taille réelle, une copie par élève.
  5. Gardez le projet au format .blank pour le modifier à la séquence suivante.

Les modèles de BD vierge à imprimer offrent aussi des planches de quatre, six et neuf cases, prêtes à l’emploi.

Questions fréquentes sur la séquence BD au cycle 3

Combien de séances pour une séquence BD au cycle 3 ?

Cela dépend du projet. Les séquences publiées par les enseignants vont de cinq à treize séances. Cette page en propose huit, de 45 à 60 minutes, pour aboutir à une planche de quatre à six cases ; BDnF suggère de son côté une version courte en trois séances d’une heure.

Quelle production finale pour une séquence BD en CM1, CM2 ou 6e ?

Une planche de quatre à six cases avec un titre, un début et une fin, accompagnée de son storyboard. En 6e, on peut viser deux planches, un cartouche et une mise en page moins régulière.

Quelles disciplines mobiliser ?

Le français (lecture, écriture, vocabulaire) et les arts plastiques, notamment la narration visuelle. Les références exactes se trouvent dans les programmes en vigueur sur Éduscol.

Comment évaluer une BD d’élève ?

Évaluez la planche et la démarche : respect de la consigne (titre, début, fin), qualité de l’histoire, lisibilité de la lecture, vocabulaire, image, langue et soin. Une grille à trois niveaux (à renforcer, en cours, atteint) suffit, complétée par une relecture entre élèves.

Quel format de papier pour la planche finale ?

Le format A4 vertical sur papier à dessin d’au moins 125 g, comme l’exige le règlement du concours de la BD scolaire (qui accepte aussi le 24 × 32 cm et l’A3). Le papier d’imprimante courant est trop fin pour l’encre ou la peinture.

Peut-on faire cette séquence sur ordinateur ou tablette ?

Oui. BDnF, l’application de la BnF, propose une séquence en trois séances d’une heure, et un éditeur en ligne gratuit comme BlankComic permet de composer et d’exporter une planche en PDF ou en PNG, sans compte.

Où trouver des supports vierges à imprimer pour la séquence ?

Le guide de la BD vierge de ce blog propose quatre modèles A4 (4, 6 et 9 cases, et six cases avec bulles vides) à imprimer directement. L’éditeur BlankComic permet aussi de fabriquer vos propres supports en PDF.

Sources et pour aller plus loin

Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.

Préparez vos supports de classe en quelques minutes.

Planches vierges, bulles vides et export PDF, ou création en ligne avec les élèves. Sans compte, sans installation, sans filigrane.

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Écrit par

Créateur de BlankComic. Développeur web et passionné de bande dessinée, il conçoit des outils gratuits, sans compte, pour que l’art séquentiel soit à la portée de tous.