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Onomatopées en BD : la liste complète par type de bruit, et comment les dessiner

2 octobre 2026 · mis à jour le 15 octobre 2026 10 min de lecture par
Onomatopées en BD : la liste complète par type de bruit, et comment les dessiner

Une onomatopée, en BD, c’est le bruit qu’on lit : un boum qui fait trembler la case, un plouf qui éclabousse la gouttière, un vroum qui s’étire sur toute la largeur. Cette page donne la définition, une liste d’onomatopées classées par type de bruit, quelques repères historiques et surtout des techniques concrètes pour les dessiner, parce qu’en bande dessinée une onomatopée se dessine plus qu’elle ne s’écrit.

L’essentiel en 30 secondes

  • Une onomatopée est un assemblage de lettres qui imite un bruit ; en BD, elle est dessinée : sa taille, sa couleur et sa forme disent le volume et la matière du son.
  • Elle fonctionne comme un code, pas comme un enregistrement : le coq fait « cocorico » en France et « kikeriki » en Allemagne.
  • Les classiques (paf, boum, vroum, plouf, crac) se comprennent sans explication ; les inventées demandent un contexte très clair.
  • La liste de cette page s’imprime telle quelle : Imprimer, puis Enregistrer au format PDF.

Onomatopée : la définition

Le lexique de la Cité internationale de la bande dessinée la définit simplement : un assemblage de lettres imitant un bruit, un son. Le mot lui-même vient du grec onomatopoiía, « création de mots ». On parle d’une onomatopée pour plouf, crac ou atchoum, mais aussi pour des mots qui traduisent une sensation, comme snif pour la tristesse.

Elle n’enregistre pas le bruit réel : elle le traduit en code. Ce code change d’une langue à l’autre. En France, le coq chante « cocorico » ; en Allemagne, « kikeriki » ; en Espagne, « quiquiriquí ». C’est pourquoi les onomatopées d’une BD traduite sont souvent réécrites.

Reste la question qu’on pose en classe : onomatopée ou interjection ? Une interjection est un mot invariable qui exprime une émotion spontanée ou s’adresse à quelqu’un : « Aïe ! », « Chut ! », « Hé ! ». Une onomatopée imite un bruit : « plouf », « vroum ». Certains grammairiens considèrent les secondes comme des interjections particulières, ce qui explique que la frontière soit parfois floue. En pratique, si le mot sort de la bouche d’un personnage, il va dans une bulle (voir le guide du phylactère) ; s’il vient d’un objet ou d’un événement, il est dessiné hors de toute bulle.

À quoi sert une onomatopée en BD ?

À faire entendre. Une page de BD est silencieuse, et les onomatopées en forment la bande-son : elles illustrent les actions sonores qui ne sont pas des paroles. Sans elles, un coup de poing est une image ; avec elles, c’est un choc.

La façon dont elles sont dessinées renseigne le lecteur. Trois indices reviennent partout, selon un dossier de l’OCCE : le volume (plus le bruit est fort, plus l’onomatopée est grande), l’orientation (elle s’incline ou s’allonge dans la direction d’où vient le bruit) et l’objet associé (elle peut rester seule ou être collée à l’objet, à la personne ou à l’animal qui la produit).

La liste des onomatopées par type de bruit

Il n’existe pas de dictionnaire officiel qui fixe l’orthographe des onomatopées, et plusieurs graphies coexistent pour le même bruit : vroum, vrooom, broum. Les listes ci-dessous rassemblent les plus répandues. Elles s’inspirent notamment des dossiers pédagogiques de l’OCCE, de Vikidia et de la Cité de la BD ; adaptez-les à votre histoire.

Coups, chocs, explosions et chutes

BruitOnomatopées
Coup, gifle, impact secpaf, pan, clac, crac
Bruit fort et soudainbang, boum
Explosionboum, badaboum
Chutebadaboum, patatras, pouf
Chute dans l’eauplouf, splash
Porte qui claqueclac, vlan, blam
Porte enfoncéebong
Avion qui s’écrasekrash
Branche qui cassecrac
Papier déchirécraaatch, scraaatch

Corps, émotions et peur

SituationOnomatopées
Douleuraïe, argh
Éternuement, hoquetatchoum, hic
Avoir froid, frissonner de peurbrrr, gla gla
Déglutir d’angoissegloups
Rireha ha, hi hi, hé hé, mouhahaha
Tristessesnif
Pleurs de bébéouin
Boire, mangerglou glou, miam miam, slurp
Bâiller, ronflerhaaa, ronf, zzz
Applaudirclap clap
Marchertap tap tap, flip-flap (flaque), splatch (boue)

Objets du quotidien, machines et véhicules

Source du bruitOnomatopées
Frapper à la portetoc toc toc
Sonnetteding dong
Téléphonedring dring, bip
Horloge, mécanismetic-tac
Cadenas, interrupteurclic
Bouteille qu’on déboucheplop
Machine à écriretac-tac-tac
Sifflettriiit
Sirène (pompiers, ambulance)pin-pon
Moteur de voiturevroum, vrooom, broum ; teuf-teuf (vieux moteur) ; reuh (accélération)
Klaxonpouet-pouet, tut tut
Pneus qui crissentcriiii
Train à vapeurtchou-tchou, poot poot

Nature et animaux

Source du bruitOnomatopées
Pluieploc-ploc, plic-plic
Clapotis, goutte d’eauflic-floc, plip-plop
Tonnerre, foudrebrom brom ; craaac
Venthouhouu, wouuuh
Chienouaf, wouf (aboiement) ; grrr (grognement)
Chatmiaou, ron-ron
Vache, coq, poulemeuh, cocorico, cot-cot
Canard, grenouillecoin-coin, croa croa
Oiseau, abeillecui-cui, bzzz
Chevalhiiii (hennissement), cataclop (sabots)
Serpentssss, kss kss

Et le silence ? Le français n’a pas d’onomatopée aussi installée que celle du japonais : on le dit par une case muette, des points de suspension ou un « chut ». Le manga, lui, a un mot pour ça (voir plus bas).

Comment dessiner une onomatopée

C’est là que la BD se distingue d’un simple dictionnaire. D’après le dossier pédagogique de la Cité internationale de la bande dessinée, l’onomatopée est un texte, mais un texte qu’on dessine : le dessinateur choisit la taille des lettres et la façon de les déformer pour leur donner du sens. Quatre techniques reviennent.

Mettre de la couleur. Dessinez seulement le contour des lettres au crayon, encrez-le, et laissez l’intérieur vide : vous pouvez le remplir à la couleur. Le dossier suggère du vert pour un bruit de vomi, par exemple.

Déformer les lettres. Des lettres hérissées de pointes, façon éclairs, pour un bruit strident ; de grosses lettres bien rondes pour un bruit grave. On peut combiner les deux idées avec la couleur.

Décadrer. Comme pour la bulle, on peut jouer avec le hors-champ. Faire dépasser l’onomatopée dans l’intercase lui donne de l’ampleur. À l’inverse, dessinez-la trop grande et coupez-la : le bruit est si énorme qu’il ne tient pas dans la case.

Ne pas en abuser. Comme dans un film, un excès de bruitages gêne. Une onomatopée par bruit qui compte, pas une par action.

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Pour choisir la police de vos bruits et de vos dialogues : quelle police d’écriture pour une BD.

Inventer ses propres onomatopées

Inventer une onomatopée n’est pas évident, d’autant plus pour des enfants : le dossier de la Cité de la BD recommande de leur mettre à disposition une large sélection de classiques (PAF, BOUM, VROUM) plutôt que de leur demander d’en créer. La raison est simple : une onomatopée inventée ne marche que si le lecteur reconnaît le bruit à travers elle.

Certains auteurs en ont pourtant fait un terrain de jeu. D’après le dossier de l’OCCE, Carali et Édika ont mis en place des onomatopées imaginaires, très éloignées du bruit à reproduire (« balouza, kwika, woga chtonga, azlok » pour un poing dans la figure). Charlie Schlingo a parfois écrit l’action littéralement : le bruit du jambon qu’on coupe devient « coupedujambon ». Et l’Américain Don Martin s’est spécialisé dans les bruits incongrus, parfois seuls « mots » de ses histoires.

Un peu d’histoire

Les bandes dessinées ont beaucoup fait pour l’essor des onomatopées. Elles en font un usage fréquent pour illustrer les actions sonores non parlées, en particulier dans les comic strips de la presse. En français, la graphie sploing apparaît dès 1905 dans Bécassine, au moment où une héroïne ouvre son parapluie ; elle a ensuite été reprise dans de nombreuses BD, avant d’être remplacée par des swinng de facture plus moderne.

Côté dessin, André Franquin a travaillé l’amélioration de la transcription sonore par des fantaisies typographiques expressives. Le phénomène a même gagné la chanson : Serge Gainsbourg a enregistré Comic Strip en 1968, avec Brigitte Bardot, un titre qui joue de bout en bout avec les bruitages de BD.

Les onomatopées du manga

Le japonais fait de l’onomatopée une catégorie à part entière, et le manga s’en sert abondamment. D’après le site nippon.com, la langue distingue trois familles : les giongo (bruits produits par des objets), les giseigo (sons émis par les êtres humains et les animaux) et les gitaigo, qui évoquent un état physique ou émotionnel sans aucun son réel.

C’est cette dernière famille qui surprend un lecteur francophone. Doki doki traduit le trac, le cœur qui bat ; on peut le répéter pour faire sentir la durée de l’émotion. Il existe aussi un mot pour le silence, shiin, qu’on lit dans les cases où plus personne ne parle. Un lecteur de BD franco-belge s’attendrait plutôt à une case muette ou à des points de suspension : les deux traditions ne notent pas les mêmes choses.

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Le manga se lit de droite à gauche, onomatopées comprises : sens de lecture et découpage d’une planche de manga.

Un exercice dans l’éditeur

Pour sentir la différence entre une onomatopée écrite et une onomatopée dessinée, essayez-les côte à côte.

Écrire, puis dessiner un bruit

  1. Ouvrez l’éditeur BlankComic et choisissez une mise en page à quatre cases.
  2. Dans la première case, ajoutez un texte « BOUM » en petit, en noir : c’est une onomatopée écrite.
  3. Dans la deuxième, ajoutez le même mot avec une police de BD comme Bangers, en très grand, en couleur : c’est une onomatopée dessinée.
  4. Dans les deux autres, essayez un bruit grave (grosses lettres rondes) et un bruit strident (lettres anguleuses) avec les polices disponibles.
  5. Exportez en PDF ou en PNG et demandez à quelqu’un de classer les quatre bruits du plus fort au plus faible.

Si la réponse est celle que vous attendiez, vos onomatopées font leur travail.

Questions fréquentes sur les onomatopées en BD

C’est quoi une onomatopée en BD ?

Une onomatopée est un assemblage de lettres qui imite un bruit ou un son : boum, plouf, vroum. En BD, elle est dessinée plus qu’écrite : sa taille, sa couleur et sa forme indiquent le volume et la nature du bruit.

Quelle différence entre une onomatopée et une interjection ?

Une interjection est un mot invariable qui exprime une émotion spontanée ou s’adresse à quelqu’un (« Aïe ! », « Chut ! »). Une onomatopée imite un bruit (« plouf », « vroum »). Certains grammairiens classent les onomatopées parmi les interjections particulières.

Quelles sont les onomatopées de BD les plus courantes ?

Les classiques sont paf, boum, bang, vroum, plouf, crac, toc toc, ding dong et tic-tac. Elles se comprennent sans explication, d’où leur place dans les ateliers scolaires.

Comment dessiner une onomatopée de BD ?

Choisissez la taille des lettres selon le volume du bruit, déformez-les (pointues pour un bruit strident, rondes pour un bruit grave), colorez l’intérieur, et jouez avec le cadre en la faisant dépasser dans l’intercase ou en la coupant.

Pourquoi les onomatopées changent-elles d’une langue à l’autre ?

Parce qu’elles sont des conventions et non des enregistrements. Le coq fait « cocorico » en français, « kikeriki » en allemand et « quiquiriquí » en espagnol : chaque langue traduit le même bruit avec ses propres sons.

Comment note-t-on le silence en BD ?

Le français n’a pas d’onomatopée aussi courante que celle du japonais : on le montre par une case muette, des points de suspension ou un « chut ». Le manga, lui, utilise shiin, un mot japonais qui note le silence.

Où télécharger une liste d’onomatopées en PDF ?

Les tableaux de cette page s’impriment tels quels : utilisez la fonction d’impression de votre navigateur et choisissez « Enregistrer au format PDF ». BlankComic ne propose pas de fiche prête à télécharger, mais son éditeur gratuit permet de créer la vôtre.

Sources et pour aller plus loin

Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.

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Créateur de BlankComic. Développeur web et passionné de bande dessinée, il conçoit des outils gratuits, sans compte, pour que l’art séquentiel soit à la portée de tous.