Une BD vierge, c’est une feuille de cases à remplir : de quoi dessiner une histoire, compléter des bulles ou écrire les textes d’une planche déjà dessinée. Ce sont des supports qu’on utilise partout, de la maternelle au collège, et qu’on trouve rarement sous une forme vraiment propre. Voici quatre modèles A4 à imprimer directement depuis cette page, des idées d’usage en classe, les formats et les papiers qui conviennent, et la façon de fabriquer vos propres modèles.
L’essentiel en 30 secondes
- Quatre modèles A4 sont à imprimer ci-dessous : 4, 6 ou 9 cases, plus une planche de six cases avec bulles vides à compléter.
- Le format A4 vertical est le plus courant en classe ; le règlement du concours de la BD scolaire accepte A4, 24 × 32 cm ou A3, à la française, en recto uniquement.
- Plus le public est jeune, moins il faut de cases : on peut commencer à deux ou trois cases, puis monter à six, voire neuf.
- Les modèles de cette page s’impriment tels quels ; douze PDF A4 gratuits (strip, manga, yonkoma, storyboard, lignes d’écriture) sont réunis sur la page des planches de BD vierges.
Trois façons d’utiliser une BD vierge
Le mot recouvre trois supports différents. Mieux vaut savoir lequel on cherche avant d’imprimer.
La planche à cases vides est la plus simple : une grille de cases sur une feuille, à remplir de dessins et de texte. C’est le support de la création libre. Avec des enfants, les ateliers partent souvent d’une planche prédécoupée, un gaufrier, qui sert de base au brouillon (voir le guide du gaufrier).
La BD à bulles vides propose les dessins et laisse le texte à écrire : les élèves inventent les dialogues. C’est un exercice d’écriture qui évite la barrière du dessin, et il permet de travailler le lien entre l’image et les mots (guide du phylactère).
La BD sans texte est une histoire dessinée dont on a retiré les bulles et les cartouches : on la raconte ou on l’écrit. C’est le cas de l’opération « Remplis ta bulle ! », décrite plus bas.
Les modèles à imprimer
Voici quatre planches A4 vierges. Chacune porte une ligne « Titre » et « Prénom » en haut, des cases numérotées (le numéro aide les plus jeunes à suivre l’ordre de lecture) et des marges de 15 mm tout autour, pour que l’imprimante ne coupe rien. Les gouttières mesurent 8 mm. Cliquez sur « Imprimer ce modèle » sous chaque planche pour n’imprimer que celle-ci, puis choisissez, si vous le souhaitez, « Enregistrer au format PDF ».

cases de 86 × 129,5 mm

cases de 86 × 83,7 mm

cases de 54,7 × 83,7 mm

à compléter
Si le bouton ne répond pas dans votre navigateur, utilisez la fonction d’impression habituelle et sélectionnez la page correspondant au modèle. Dans la boîte de dialogue, choisissez taille réelle (100 %) plutôt que « ajuster à la page », pour que les cases gardent leurs dimensions (le guide du format de planche explique pourquoi).
Quel modèle pour quel âge ?
Il n’y a pas de règle officielle, et chaque enseignant ajuste selon sa classe. Les repères suivants viennent de l’usage en atelier : plus le public est jeune, moins il faut de cases, parce qu’une case, c’est un dessin et souvent un texte, et que tenir quatre ou six images cohérentes est un vrai travail. Le Concours de la BD scolaire, de son côté, est ouvert de la grande section de maternelle à la terminale, et limite le nombre de planches : en 2024-2025, deux planches au maximum pour une réalisation individuelle, ce qui donne une idée de l’ampleur attendue.
En maternelle, une planche de quatre grandes cases (modèle 1) suffit largement, avec un adulte qui écrit sous la dictée. Au cycle 2, la planche de quatre ou de six cases, éventuellement avec bulles vides (modèle 4), permet de travailler l’écriture courte. Au cycle 3, la planche de six cases est un bon format de travail ; elle correspond d’ailleurs à l’exemple traité dans la séquence BD pour le cycle 3. Au collège, on peut passer à neuf cases, ou laisser les élèves casser la grille, en s’appuyant sur un storyboard préparé à l’avance.
Format, papier et feutres
Le format A4 vertical est le plus pratique : il passe dans toutes les imprimantes et dans les cahiers. Le règlement du Concours de la BD scolaire (Festival d’Angoulême), publié sur Éduscol, indique qu’une planche doit être en A4 (21 × 29,7 cm), 24 × 32 cm ou A3 (29,7 × 42 cm), en format vertical, dessinée uniquement en recto et sur du papier à dessin d’au moins 125 g. C’est un bon repère pour tout projet de classe qui doit aboutir à une planche « présentable » : le papier d’imprimante courant est nettement plus fin et supporte mal l’encre ou la peinture.
Pour les feutres et stylos, un dossier de la Cité internationale de la bande dessinée recommande, dans les ateliers d’enfants, le stylo indélébile plutôt que la plume ou le pinceau, plus difficiles à maîtriser : on évite ainsi les bavures si l’on colorie à la peinture ensuite. Pour une planche destinée à l’impression ou à l’envoi, évitez aussi de tracer les cases trop près du bord : conservez les marges des modèles ci-dessus.
Neuf activités de classe
Quelques pistes, classées de la plus simple à la plus ambitieuse. Elles sont des idées d’atelier et se combinent librement.
1. Compléter des bulles vides. On donne une planche dont les dessins sont faits (modèle 4) ; chaque élève écrit ses dialogues, puis on compare les versions. 2. Légender une planche sans texte. Les élèves racontent l’histoire à l’oral, puis à l’écrit. 3. Dessiner la suite. On présente trois cases et les élèves dessinent la quatrième : la chute. 4. Remettre dans l’ordre. Les cases d’une planche sont découpées, mélangées, puis recomposées. 5. Étiqueter une planche. Avec le vocabulaire de la BD (lexique) : planche, case, bulle, appendice, cartouche.
6. Transformer un conte ou une fable en planche de six cases : une case par moment clé. 7. Raconter sa journée en quatre cases. 8. Un strip de trois cases pour un gag (guide du strip). 9. Une planche collective : chaque élève fait une case, et l’on assemble le tout à la fin. Dans ce cas, fixez à l’avance le plan, le personnage et la palette, pour que la planche ait une cohérence (fiche de personnage).
Deux activités ont désormais leur fiche détaillée : les bulles vides à compléter (7 exercices) et la BD muette en production d’écrits.
Un exemple de référence : « Remplis ta bulle ! »
« Remplis ta bulle ! » est un concours national créé par l’académie de Limoges en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, destiné aux écoles, collèges et lycées. Le principe : un auteur réalise une bande dessinée de deux planches de neuf vignettes de taille égale, puis ses dix-huit vignettes sont désolidarisées et vidées de leurs bulles. Les élèves doivent créer de nouvelles histoires en réinventant l’ordre des vignettes, en y insérant leurs propres phylactères et, éventuellement, en substituant à certaines des vignettes dessinées dans le style de l’auteur.
Le concours est inspiré des travaux de l’Oubapo, l’Ouvroir de bandes dessinées potentielles, qui crée des BD sous contrainte volontaire. C’est une belle démonstration de ce qu’on peut faire avec une BD « vierge » : le support n’est pas vide, il est à recomposer. Pour faciliter la conception des planches, le projet mentionne aussi l’application gratuite en ligne BDnF, de la Bibliothèque nationale de France.
Fabriquer ses propres modèles
Les quatre modèles ci-dessus ne répondent pas à tous les besoins : une planche à cinq cases, des cases de tailles différentes, un format A3, une grille avec un titre. Pour cela, l’éditeur BlankComic propose 30 mises en page de départ, avec des cases redimensionnables, des bulles et des cartouches, et exporte en PDF ou en PNG, sans compte et sans filigrane. On y ajoute le titre de la séance, on supprime ce qui n’est pas utile, on exporte, on imprime autant de copies que de besoin.
Vous préférez un PDF prêt à imprimer ? Les planches de BD vierges à imprimer réunissent douze gabarits A4 gratuits : gaufriers de 4, 6 et 9 cases, planche mixte, bulles vides, lignes d’écriture, strips, manga, yonkoma et storyboard.
Les erreurs fréquentes
Imprimer en « ajuster à la page » : les marges changent et les cases deviennent plus petites qu’annoncé. Choisir des cases trop petites pour des élèves qui écrivent encore en grand. Prévoir trop de cases pour la durée de la séance : mieux vaut une planche de quatre cases finie qu’une de neuf bâclée. Imprimer sur du papier trop fin quand on prévoit de peindre. Oublier de numéroter les cases pour les plus jeunes. Et passer d’emblée à une planche entière sans avoir travaillé la case, la bulle et le cartouche.
Un exercice dans l’éditeur
Voici comment fabriquer un modèle sur mesure en cinq minutes.
Créer sa planche vierge
- Ouvrez l’éditeur BlankComic et choisissez un format A4, ou saisissez une taille personnalisée.
- Prenez une mise en page de départ proche de ce que vous voulez (quatre, six ou neuf cases) et redimensionnez les cases qui doivent être plus grandes.
- Ajoutez des bulles vides là où les élèves doivent écrire, et un cartouche pour la narration.
- Exportez en PDF, puis imprimez en taille réelle sur du papier adapté (plus épais si vous comptez peindre).
- Gardez le projet au format .blank pour le modifier à la prochaine séance.
Questions fréquentes sur les BD vierges à imprimer
Où trouver une BD vierge à imprimer ?
Cette page propose quatre modèles A4 à imprimer directement : planches de 4, 6 et 9 cases, plus une planche de six cases avec bulles vides. D’autres modèles PDF gratuits (strip, manga, yonkoma, storyboard, lignes d’écriture) sont réunis sur la page des planches de BD vierges, et l’éditeur gratuit permet de créer les vôtres.
Quel format pour une BD vierge ?
Le A4 vertical est le plus courant en classe. Le règlement du Concours de la BD scolaire accepte l’A4 (21 × 29,7 cm), le 24 × 32 cm ou l’A3 (29,7 × 42 cm), en format vertical et uniquement en recto.
Combien de cases pour une BD vierge en maternelle ou au cycle 2 ?
Il n’y a pas de règle officielle. En atelier, on part sur deux à quatre grandes cases en maternelle, quatre ou six cases au cycle 2. Une planche de quatre cases finie vaut mieux qu’une planche de neuf bâclée.
Quelle différence entre BD vierge et BD à compléter ?
Une BD vierge contient des cases vides à dessiner. Une BD à compléter propose déjà les dessins et laisse les bulles vides : les élèves écrivent les dialogues. Une BD sans texte est une histoire dessinée dont on a retiré les textes.
Quel papier pour dessiner une BD ?
Pour une planche présentable, du papier à dessin d’au moins 125 g, comme l’exige le règlement du concours de la BD scolaire. Le papier d’imprimante courant est plus fin et supporte mal l’encre ou la peinture.
Comment imprimer une planche vierge sans que les cases changent de taille ?
Dans la boîte de dialogue d’impression, choisissez « taille réelle » (100 %) et non « ajuster à la page », qui réduit légèrement le contenu pour le faire entrer dans la zone imprimable.
Qu’est-ce que « Remplis ta bulle ! » ?
C’est un concours national créé par l’académie de Limoges avec la Cité internationale de la bande dessinée. Dix-huit vignettes d’un auteur, vidées de leurs bulles, sont à recomposer en une nouvelle histoire de deux planches avec les phylactères des élèves.
Sources et pour aller plus loin
Les définitions de cet article ont été recoupées avec les ressources suivantes. Elles sont gratuites et valent la lecture.
- Festival d’Angoulême, Concours de la BD scolaire, règlement (Éduscol) : formats A4, 24 × 32 cm et A3, recto uniquement, papier à dessin de 125 g minimum.
- Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, « remplis ta bulle ! » : principe du concours, dix-huit vignettes, trois modalités.
- Académie de Limoges, « Remplis ta bulle » : présentation et vignettes du concours.
- Académie de Toulouse, Bulletin départemental du 16 décembre 2022 : inspiration de l’Oubapo.
- Projet BD « Remplis ta bulle » (blog pédagogique de l’académie de Poitiers) : application gratuite BDnF pour concevoir les planches.
- Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, « Les étapes de création d’une BD » : gaufrier prédécoupé et stylo indélébile pour les ateliers d’enfants.
- Éducation nationale, « Concours de la BD scolaire » : ouvert de la grande section à la terminale, scénario avec un titre, un début et une fin.
